Les banques peinent à changer leurs habitudes

Face aux nombreuses polémiques dont les frais bancaires font régulièrement l’objet, l’UFC – Que choisir, en tant que défenderesse des consommateurs, s’est à nouveau lancée dans une étude afin de dresser l’état des lieux de la situation, dans ce domaine, et d’établir le palmarès des établissements bancaires les moins chers.

Centrée essentiellement sur le département de l’Aveyron, et plus spécialement sur la région de Rodez, de Villefranche-de-Rouergue, de Capdenac-Gare et sur le bassin de Decazeville, l’enquête, menée entre la mi-juin et la mi-septembre 2010, porte sur 13 des plus grandes enseignes bancaires qui y sont implantées.

Le résultat qui en ressort montre bien qu’aucun de ces établissements ne peut se targuer d’afficher les tarifs les moins chers pour chacun des produits et services qu’ils proposent, et que la hausse des tarifs sur quelques-unes de leurs prestations les plus sollicitées a été relativement importante, sans réel motif, avec une augmentation nettement supérieure à l’inflation enregistrée sur cette même période.

Afin de pouvoir établir son classement, de la manière la plus objective possible, l’UFC – Que choisir a fait l’addition des frais retenus, par chacune de ces enseignes, pour huit des produits et services les plus utilisés, tels que la fourniture d’une carte bancaire à débit immédiat ou différé, le retrait d’espèces auprès des distributeurs automatiques de billets d’établissements concurrents, la mise en place d’un virement occasionnel ainsi que celle d’un prélèvement automatique, les commissions d’intervention, les assurances garantissant la perte et le vol des moyens de paiement, et enfin l’abonnement à Internet permettant de réaliser des transactions en ligne.

Si l’issue de ces calculs démontre que La Banque Postale est l’enseigne la moins chère, avec un total de 195 €, juste devant la Caisse d’Epargne et ses 196,60 €, elle fait également apparaître qu’elle n’arrive à la première place que pour ce qui concerne le coût des retraits d’espèces auprès des distributeurs automatiques de billets d’agences concurrentes, où elle fait même jeu égal avec le Crédit Agricole. L’ensemble des autres produits et services y sont ensuite, pour la plupart d’entre eux, aussi chers que chez les autres prestataires, à l’image, par exemple, de la mise en place d’un prélèvement automatique, pour laquelle elle arrive à égalité avec six autres enseignes, parmi lesquelles la Société Générale, la BNP, ou encore la Banque Populaire, qui se classent elles-mêmes respectivement aux quatrième, cinquième et sixième places de ce palmarès ainsi établi, juste derrière le Crédit Agricole, arrivant lui-même troisième.

L’autre élément important qui ressort de cette étude reste, une nouvelle fois, le manque de communication sur ces tarifs, malgré l’obligation faite aux banques, par l’arrêté du 04 avril 2005, de mettre ceux-ci à la disposition des usagers soit par voie d’affichage dans les agences, soit au moyen de brochures tarifaires laissées en libre-service, cette mesure n’est respectée que par 38 % d’entre elles et manque encore bien souvent de lisibilité.

Enfin, le dernier constat de cette enquête fait état de la difficulté, toujours bien présente, de changer d’enseigne, malgré les engagements pris par ces établissements pour simplifier les démarches, la nouvelle banque choisie devant, en théorie, gérer les moindres détails de cette étape fastidieuse, ce qui n’est, en pratique, pas réellement le cas.

article publié le 23/10/2010 dans la catégorie Actualités